Jeûne thérapeuthique : perte de poids durable

Jeûne thérapeuthique : Restriction calorique ou jeûne intermittent ?
par le Docteur Rodolphe Meyer

Rodolphe Meyer est médecin lauréat et médaillé de la faculté de médecine de Paris. À l’issue de ses études, il pratique la médecine dans les conditions les plus variées et sur plusieurs continents. Guerres, humanitaire mais aussi médecine hospitalière. Ce parcours l’a amené à rencontrer, utiliser et apprendre d’autres formes de prises en charges médicales. Ces méthodes ne l’éloignent pas de la médecine classique mais renforcent sa conviction que toute solution n’est pas obligatoirement allopathique et que certaines thérapies complémentaires peuvent être intégrées aux soins plus conventionnels.

Rodolphe est aussi docteur ès science et possède une maîtrise de recherche. Il travaille à une approche scientifique des pratiques traditionnelles depuis plusieurs années et consacre ses loisirs à l’enseignement des fondamentaux scientifiques théoriques de la remarquable Méthode Surrender qu’il a formalisée avec son ami Seymour Brussel, ostéopathe.

Lors d’une période prolongée de restriction calorique les conseils conventionnels reposent sur le contrôle de l’équilibre entre glucides, lipides et protéines, sur la réduction des portions, ou la réduction de l’apport journalier de calories.

Nous entendons souvent conseiller qu’une simple diminution de 500 calories par jour permettrait de perdre une livre de graisse par semaine. La réussite est aussi rare que l’humilité chez un politicien, mais cela n’empêche pas des professionnels de la santé de recommander cette technique. Après tout, qui n’a jamais essayé de réduire ses portions comme stratégie pour perdre du poids ? Toute le monde. Et qui a été capable de maintenir une perte de poids sur le long terme ? Personne.

Depuis une soixantaine d’années nous pensons uniquement calcul des calories absorbées et dépensées (calories in, calories out). C’est vrai techniquement, mais il s’avère que la dépense de calories, qui est la partie sur laquelle nous n’avons pas de contrôle, joue un rôle considérablement plus important que l’absorption de calories. Et pourtant, de nombreux médecins continuent de conseiller à leurs malades de réduire les calories en prétendant que cela leur fera perdre du poids. Ca ne fonctionne que si vous augmentez la dépense physique. Donc en faisant du sport. Aucun régime ne fonctionnera sur le long terme sans une bonne dose de sport (le taux d’échec sans sport est de 98%).

Bon, que se passe-t-il avec cette stratégie de la restriction calorique ? En un mot, le corps tend à conserver un poids d’équilibre constant. Dans un premier temps, il arrive à perdre un peu de poids, mais au fur et à mesure que le poids descend, le corps compense cette perte en essayant de regagner le poids perdu. L’hormone qui gouverne la faim (la ghréline) augmente. Cela signifie que la faim et le désir de manger s’accroissent. Cela se produit presque immédiatement et continue presque indéfiniment. Ensuite, le métabolisme se met en veille. En réponse à une diminution de 30% de l’apport calorique, il y a en gros une diminution de 30% de la dépense totale d’énergie. On commence à se sentir fatigué, on a froid, et on n’a plus beaucoup d’énergie en particulier pour faire de l’exercice. J’ajoute stress, déprime, frustration… et hop ! c’est parti pour le lâcher de nerfs sur un cassoulet, des profiteroles et quelques bonbons régressifs…

Le jeûne intermittent

Les modifications hormonales qui se produisent au cours d’un jeûne intermittent sont totalement différentes. En contraste avec la restriction calorique, pendant un jeûne l’appétit diminue et les dépenses d’énergie augmentent. Les adaptations hormonales sont totalement différentes, le glucose et l’insuline baissent et ne remontent pas.

La nature intermittente du jeûne aide à empêcher le problème de la résistance à l’insuline. Une étude récente compare la restriction calorique au jeûne intermittent. Dans cette étude, on a séparé 107 femmes en deux groupes. Le premier groupe suivait une restriction calorique continue de 25% – donc un régime hypocalorique classique. Le deuxième groupe suivait une restriction calorique intermittente.

On permettait aux participantes de manger normalement pendant 5 jours par semaine, mais les deux autres jours elles n’avaient droit qu’à 25% de leurs calories habituelles (ce qui ressemble beaucoup au régime 5:2 du Dr Michael Mosley, nous en reparlons). Le régime de base était le régime méditerranéen, avec 30% de matières grasses.

Les avantages du jeûne

Il y a plusieurs bonnes raisons à utiliser une stratégie sur la base du je.ne intermittent plutôt que de simples changements diététiques…

Lire l’intégralité du dossier dans Thérapies Complémentaires